Rencontre avec David Kelley

Rencontre avec David Kelley

During my trip to San Francisco, I visited the Stanford University’s Hasso Plattner Institute of Design, known as the d.school. You can discover what it is like to study in a creative space by reading my article here.

The d.school is developing a human-centered design methodology and design thinking for students and business executives. This Institute has been founded by the Great David Kelley, also the founder and chairman of IDEO.

‘When i visited the space, one student from D.School introduced me to him. I had the chance to share with him about my project WAP - We Are the Projects, aiming to help people be fulfilled in their job. I recorded the video interview I had with him.

Basically, i was trying to answer the following question : how to apply the design thinking methodology to life long learning and orientation.


You will find below the interview in French

«Faites des expérimentations avant d’accepter un poste!»

Rencontre avec David Kelley, co-inventeur du design thinking

L’été dernier, lors de mon voyage autour des nouvelle formes d’apprentissage et de travail, je me suis rendue au Hasso Plattner Institute de l’Université de Stanford of Design, plus connue sous le nom « d.school ». Dans cet établissement, les chercheurs développent une méthodologie de design centrée sur l’humain.

David Kelley est le fondateur de la D-School et président-fondateur de IDEO (la boite qui a conçu la souris Apple). Il est considéré comme un des experts les plus reconnus dans le design thinking, traduit en français par la pensée créative.
J’ai eu la chance de le rencontrer. Je suis curieuse de savoir comment le design thinking peut résoudre un des problèmes les plus pressants de notre génération, soit «Comment trouver un travail qui nous satisfait ?»

David Kelley a accepté que je l’enregistre en vidéo et cela a donné un entretien passionnant. A travers sa réponse se dessinent les grandes étapes du design thinking : Sentir, définir le besoin, générer des idées, prototyper, tester et itérer. Partant de son exemple personnel, il me raconte comment il a découvert que le design était fait pour lui.

Comprendre son besoin

Lorsqu’il était ingénieur, David Kelley pensait qu’un designer était un artiste, motivé par l’expression personnelle. Il ne se reconnaissait pas dans cette vision du design, qui ne correspondait pas à sa personnalité. C’est seulement lorsqu’il découvre à Stanford la « recherche du besoin », que le design prend tout son sens.

Ce qu’il l’anime véritablement, c’est de trouver le besoin profond des gens et à partir de là de concevoir des produits qui leur correspondent. Pour lui, tout naît de l’empathie qu’il éprouve pour les gens.

« Avant, je pensais qu’être designer, c’était comme être peintre, il fallait être très talentueux. À l’inverse, j’ai réalisé qu’un bon designer, était quelqu’un comme moi : qui synthétise, comprend les gens, est attentif à leurs besoins profonds et essaye de les rendre heureux en concevant des produits qui leur correspondent ». Le design centré sur l’humain plutôt que sur l’artistique : voilà ce qui le botte vraiment. C’est son désir d’exercer un métier qui colle à ses intuitions, qui l’a amené à développer cette approche du design thinking.

Enquêter sur son futur travail

Trouver sa passion n’est simple pour personne, il recommande de se poser beaucoup de questions.
Avant d’aller sur le terrain, un simple effort de projection mentale dans le futur suffit : « A quoi ressemblerait ma vie, si j’étais directeur marketing ?». En posant vos questions sur des plateformes ou forums tels que Quora « Qu’est-ce qu’on ressent quand on est dans ce poste ?… *» « *Quel est le quotidien de … ? », vous aurez des réponses éclairées de chercheurs, entrepreneurs, coachs, scientifiques, étudiants… du monde entier !

Planifier des expérimentations

Trouver sa passion n’est simple pour personne, ça exige de s’essayer à une multitude de secteurs ou positions. Ce n’est pas facile à faire puisque la société nous pousse à choisir un métier et à y rester. C’est pourquoi, il nécessaire de planifier ses expérimentations, pour accélérer le processus de recherche professionnel.
Il me parle d’un de ces amis, Victor, qui a crée l’initiative « The Experience Institute » qui consiste à faire 12 expérimentations différentes dans l’année, une par mois, au lieu d’aller à l’université ou de payer un MBA. Victor a expérimenté 12 postes différents, soit 12 environnements différents pendant un an. On découvre son élément en s’essayant à un maximum d’activités. Demandez-vous à quoi votre vie ressemblerait si vous étiez, par exemple, plombier, chanteur d’opéra, professeur. Vous n’aurez pas la réponse tant que vous n’en avez pas fait l’expérience, du moins … un peu ! Vous pouvez lire l’interview complète de Victor Saad sur mon blog.

Et si vous visitiez des entreprises, interrogiez les salariés, faisiez des stages de quelques jours ou simplement contribuiez ponctuellement ? Et si cela vous permettait de vous faire une idée rapide du travail sans pour vous engager pour X année dans un poste qui ne vous convient pas ?

Faire un choix : Définir sa propre vision du travail

David Kelley, nous prouve par son exemple qu’il ne faut pas s’arrêter à la première idée reçue et plutôt se faire notre propre idée du métier. C’est seulement en incarnant cette activité avec notre propre singularité que nous nous livrons ainsi notre propre définition et interprétation du métier.
Expérimenter permet de mieux nous connaître et augmente donc les chances de trouver un travail qui nous correspond rapidement.
Et OUI, c’est POSSIBLE et ACCEPTABLE. Ce n’est pas un caprice personnel, surtout à l’ère numérique - où de nouvelles formes de travail deviennent possibles.
La vie est courte, profitons-en pour nous concentrer sur des choses qui comptent vraiment pour nous. En effet, les débuts sont toujours durs, car ils induisent une certaine précarité économique, mais avec des efforts et de la persévérance, ça paie tôt ou tard - dans les deux sens du terme.

Au final, ce n’est pas une question de moyens. C’est une question de choix personnel. Le choix de s’amuser dans ce qu’on fait. Ne laissons pas les conventions sociales nous imposer une seule vision du travail.

Une citation résume bien cette approche du travail :

> Il n’y a pas de découverte sans risques, et ce que vous êtes prêts a risquer révèle votre valeur » - Jeanette Winterson

Ou encore

> You may not yet know what your particular vocation is, but it’s imperative to be looking for it already. The only way to find it is to try all kinds of different things. Search, explore, experiment !